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lundi, 24 juillet 2006

Toreo de Salon

Bonjour à tous, je suis de retour après quelques péripéties d'un autre monde.
Enguérand Duval, un nouvel utilisateur du blog m'a suggéré quelques idées de thèmes, alors comme promis, je vous les communique : Toreo de salon signé par des écrivains dont le lauréat du prix Hemingway 2005 Olivier Deck. Ce livre parle de tauromachie et a beaucoup touché Enguérand Duval. Vous pouvez, si vous le voulez laisser quelques commentaires à ce sujet.
L'autre sujet était le Théma d'Arte de Dimanche soir, toujours sur Hemingway et la corrida. Voilà j'ai fais mon boulot, maintenant faites le votre!!

16:18 Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note

Commentaires

Voilà, j'ai ce petit reccueil, je le trouve relativement bien écrit mais j'avoue que je ne suis pas fan des nouvelles. Pour Torero de Salon je fais une exception, ce livre est très frais, plein de verve, la tauromachie c'est aussi cela, il faut aussi avoir une littérature taurine. Olivier Deck, qui a remporté le Prix l'an passé amène réellement à cet ouvrage sa plume experte. En tant qu'aficionado, on rentre facilement dans le bouquin et on ressent toutes les émotions que l'on peut ressentir lors d'une course aux arènes.

Ecrit par : Antonito | lundi, 24 juillet 2006

Avez-vous sur Arte le reportage sur le Cordobés?

Ecrit par : tisseur | lundi, 24 juillet 2006

Non je ne l'ai malheureusement pas vu, c'était quand, personne ne m'a mis au courant. C'est bien domage car le Cordobes est un grand parmis les grands et qu'Arte fasse un reportage sur lui est une très bonne chose!!
Tu peux, si tu veux t'exprimer sur ce reportage, tu peux dire comment il était fait, ce que tu as ressentis et tout ce que tu veux à ce sujet!
J'attends tes commentaires

Ecrit par : antonito | mardi, 25 juillet 2006

Le troisième ouvrage de Claire Starozinski, LA FACE CACHÉE DES CORRIDAS, vient de sortir disponible sur http://www.anticorrida.org/

Un témoignage riche et documenté qui reprend la trame de La Mort donnée en spectacle (1998).

Mais ici, l’auteur a tenu à apporter un éclairage nouveau, en multipliant les recherches et en confrontant les sources, sans fard ni complaisance.

Les données sont donc entièrement ré-actualisées et des anecdotes inédites rapportées. Bref, il s’agit là d’un brûlot, véritable anthologie des exactions et autres magouilles du mundillo, en attendant leur disparition totale...

Claire Starozinski est une femme courageuse. En terre hostile, elle affirme haut et fort que la corrida n’est pas autre chose que la torture légale des taureaux. Charlie Hebdo

Enfin un livre radical et argumenté, qui rabaisse la corrida, érigée en art et en culture, à ce qu’elle est vraiment, une torture. Politis

Ecrit par : fatima zendib | dimanche, 06 août 2006

REPONSE SOUS FORME DE REFLEXION AUX ADVERSAIRES DE LA CORRIDA :

La corrida a clairement une nature « hors de la vie courante", et c'est sans doute ce qui la rend incompréhensible à ceux, pas toujours végétariens ni dénués d'attributs en cuir (chaussures, blousons, etc...) qui, en parfaits hypocrites, s'indignent devant la mort ritualisée d'un taureau de combat en restant tout au long de l'année, pour la majorité d'entre eux, confortablement chez eux alors que 5 millions d'enfants, environ, meurts objectivement de malnutrition, d'épidémie ou de mauvais traitements dans le monde chaque année.

Rappelons que le jeu se déroule toujours dans un temps et un espace circonscrits qui en acquièrent une valeur symbolique et quasi-magique ou traditionnelle, ce qui provoque une haine quasi hystérique chez ses adversaires vidés de tout rattachement culturel, souvent de braves naïfs citadins facilement choqués par un art qu'ils ignorent, cependant largement tolérants pour des monstruosités dont ils se font les complices actifs chaque jour (pourquoi ne partent-ils pas au combat contre les abattoirs et les condtions terribles de la mort industrielle, infiniment plus épouvantables et scandaleuses que la corrida, qui remplit pourtant leurs assiettes ?)
A quand dans ce cas des commandos anti alimentation carnée dans les supers marchés pour interdire les rayons boucherie - il faut aller au bout de votre logique si vous souhaitez être conséquents avec vous-mêmes !

Comme l'écrit fort justement l'auteur d'une thèse remarquable : "Le temps de la corrida c’est celui de la féria, soit que la fête soit cause des corridas ou la corrida cause de la fête, elles sont en tout cas indissociables.
Ces fêtes sont toujours liées au religieux (fête de saints), alors que paradoxalement l’Eglise s’est toujours opposée aux jeux taurins qu’elle considère comme païens, c’est d’ailleurs l’un des rares domaines où la pourtant si redoutable église catholique espagnole est restée impuissante à imposer sa volonté. Ces fêtes sont souvent liées à des débordements redoutables dans un climat d’immense liesse populaire qui rappellent très clairement le monde inversé du carnaval (cf. Pampelune).

Le lieu c’est tout d’abord l’arène, scène de la mise à mort, à laquelle aboutissent les encierros s’il y en a.
En outre l’arène, par sa forme arrondie a un caractère très symbolique : lieu de convergence du peuple, de communion, autel où se célèbre le sacrifice. C’est là la limite du jeu et l’entrée dans le rite.
Ce terme de rite est apparu dans le vocabulaire quand les intellectuels s’y sont intéressés, à partir de l’époque romantique (fin XIXème) et ensuite avec Picasso, Garcia Lorca, Hemingway, etc. Par la profusion de symboles qu’ils y ont vu, elle ne pouvait être autre chose qu’une grande célébration mystique entre l’homme et l’animal, entre culture et nature, fortement empreinte de religiosité, et donc un rite.
Montherlant affirmait que la corrida est un sacrifice rituel,
on peut également y voir un symbole de domination de l’intelligence de l’homme sur la force brutale de l’animal, et par la domination de la bête, l’homme sublime par amour pour son adversaire sa peur en courage.
Ce courage est par ailleurs également attribué au toro (termes de « bravoure », de « noblesse »), et il existe dans la littérature tauromachique un phénomène de transcatégorialité (« Brave, le toro est plus qu’un animal », Simon Casas) : le toro passe dans une catégorie supérieure à la sienne, non précisée, qui pourrait être l’humain, le divin ou l’esprit. Le monde taurin aime évoquer la figure mythologique du minotaure. Au niveau de l’esprit, le toro devient allégorie : il représente le mal, et l’homme qui le combat le bien personnifié.

La recherche esthétique à laquelle se sont livrés les toreros renforce cependant sa part rituelle : historiquement, le torero s’est réellement transformé peu à peu de guerrier en artiste.
Belmonte fit de la tauromachie un art plastique authentique atteignant à l’universalité. Si tant de peintres depuis Goya ont célébré ce spectacle, c’est qu’esthétiquement, il ne peut qu’éveiller les esprits.

Et si la tauromachie a une efficacité sur les esprits, c’est par la beauté qu’elle leur impose, et si le jeu produit de la beauté, il en acquiert une valeur pour la culture. Ainsi la culture naît sous forme de jeu, de compétition, puis repousse le jeu peu à peu en arrière-plan de la civilisation et se cristallise dans le sacré, la poésie, dans l’art tout simplement."

liens pour votre méditation :
www.diffusion.ens.fr/index.php?res=cycles&idcycl

Ecrit par : Zadig | lundi, 07 août 2006

Voici l'INFO intéressante, effectivement, que signalait Zadig dans son lien à la fin de son excellent message, et qui mérite d'être mise en clair :


Colloque Ethique et esthétique de la corrida
Organisé par : Jean-Loup Bourget (ENS) et Francis Wolff (ENS)

Colloque Ethique et esthétique de la corrida coordonné par Jean-Loup Bourget (directeur de la Passerelle des arts de l’ENS) et Francis Wolff (directeur du département de philosophie de l’ENS) avec le soutien de la Ville de Nîmes et de Simon Casas Productions.
Loin de toute polémique, le colloque se propose d’étudier la corrida d’une part comme espace d’expression moderne de vertus héroïques et de relations inestimables entre l’homme et l’animal — en somme comme une éthique complète ; d’autre part comme mode d’expression artistique vivant et motif d’inspiration inépuisable pour les autres arts — en somme comme un objet esthétique total.

Ressources en ligne
Littérature taurine : « Le roman de Juan B. » (le 17 décembre 2005) — Yves Charnet
Professeur à SUPAERO (Toulouse), Yves Charnet a consacré sa thèse à « Baudelaire, écrivain du visuel ». Écrivain, il a publié, aux éditions de La Table Ronde, des livres où l’enquête autobiographique rejoint la quête poétique : Proses du fils (1993), Rien, la vie (1994), Cœur furieux (1998), Mon amour (2001) et Petite chambre (2005). En 2002 une édition revue et corrigée de Proses du fils est parue, dans la collection de poche « La Petite Vermillon », avec une préface de Denis Podalydès.

Raison commune de la musique et de la tauromachie (le 17 décembre 2005) — Eva Lainsa
« No es música solamente
la de la voz que callada
se escucha, música es
cuanto hace consonancia »
Dans la lignée de Calderón, le poète José Bergamín parlait de música callada (« musique silencieuse ») dans un discours sur l’expérience esthétique qui prenait la corrida pour objet. Prendre au sérieux le poète implique d’accepter qu’il y ait une raison cachée derrière les figures qu’il emploie. Nous essaierons de la rendre explicite en mettant en avant la raison commune de la musique et de tauromachie.
Eva Lainsa est actuellement professeur de musicologie à l’Université de Séville et Directrice du Secrétariat pour la Promotion Culturelle de cette Université. Elle a fait des études de musicologie à la l’université Paris-IV Sorbonne et à l’IRCAM ainsi que des études de philosophie à l’université du Pays Basque.

Picasso ou De la peinture considérée comme une tauromachie (le 17 décembre 2005) — Annie Maïllis
De 1890 à 1971, soit pendant huit décennies, le motif tauromachique traverse obsessionnellement la production de Picasso, sur des supports et selon des modes de représentations les plus divers. Cependant, les années 30 voient s’opérer une mutation. Picasso désormais aborde moins la corrida comme sujet, prétexte à des variations esthétiques, symboliques ou métaphoriques, qu’il ne se confronte à son sujet selon des enjeux et modalités proprement tauromachiques. Pour le peintre-matador, l’éthique-esthétique de la corrida dicte alors un processus créatif où elle joue comme art exemplaire, selon le mot de Michel Leiris.
Annie Maïllis est professeur en Classes préparatoires à Nîmes. A la suite de sa thèse de Doctorat (Michel Leiris, l’écrivain matador, L’Harmattan, 1998, préface de Jorge Semprun), elle poursuit ses recherches sur l’expression artistique et littéraire de la tauromachie. Elle a publié plusieurs livres sur le sujet dont Picasso et Leiris dans l’arène, les écrivains, les artistes et les toros (1937-1957) (Cairn, 2002), et Dans l’arène avec Picasso, entretiens avec Françoise Gilot, (Indigène édition, 2004).

Mort dans l’après-midi : Hemingway aficionado et humoriste (le 17 décembre 2005) — Daniel Royot
Une veine humoristique parcourt Mort dans l’après-midi de Hemingway. Elle revêt diverses formes liées à l’observation de la culture hispanique, à la distance prise avec les conventions, notamment dans le dialogue imaginaire avec la vieille dame (Gertrude Stein ?) (what is moral is what you feel good after). « L’élégance sous la pression » est l’une des vertus cardinales du héros hemingwayien, « homme naturel » que symbolise le matador. Pareille vision est singulièrement génératrice d’humour. Elle est l’expression d’une expérience personnelle du sacré, de la violence et de la mort (exutoire et exorcisme). Elle s’inscrit fortement dans la tradition de l’humour américain; demi-dieux comiques de la Frontière, « conte mensonger » (tall tale) avec animaux mythiques et exploits cynégétiques. Par exemple la typologie des figuras se conjugue souvent sur le mode comique (Belmonte par exemple) sans toutefois porter atteinte à leur prestige dans l’histoire de la tauromachie.
Daniel Royot, professeur émérite de littérature et civilisation américaines à l’université de la Sorbonne Nouvelle-Paris III. Auteur ou co-auteur d’une trentaine d’ouvrages publiés en France et aux Etats-Unis dans le domaine de l’histoire littéraire, sociale, ethnique et culturelle. Derniers ouvrages parus : Etats-Unis, civilisation de la violence (A. Colin), Go West (avec Philippe Jacquin, Flammarion « Champs »), La littérature américaine (P.U.F. « Que sais-Je ? »).

Eisenstein aficionado : la corrida dans ses dessins et ses films (le 17 décembre 2005) — Ada Ackerman
Lorsque Eisenstein se rend au Mexique, en 1930, pour tourner un film sur ce pays, il se passionne pour la culture mexicaine et ses rituels, dont notamment la corrida. Consacrant une séquence de ¡Que Viva Mexico! et un nombre important de dessins aux relations existant entre torero et taureau, Eisenstein projette sur ce thème de nombreux enjeux : mythologie, christianisme, psychanalyse, esthétique. L’étude du traitement de la corrida par Eisenstein permet ainsi de découvrir certaines facettes de l’artiste mais également de poser un regard neuf sur cette pratique.
Elève à l’Ecole normale supérieure, Ada Ackerman a entrepris une recherche doctorale qui porte sur les dessins de S.M. Eisenstein et sur leurs rapports, en amont, avec les caricaturistes français (Daumier au premier chef), et en aval avec la genèse de l’œuvre cinématographique, notamment Ivan le Terrible. Ses articles ont paru ou sont sous presse dans Théorème (N°8), « La sacralisation d’Ivan le Terrible » (2005), et Genesis, « Les dessins préparatoires à Ivan le Terrible, quel outil génétique ? ».

La corrida entre représentation et réalité (le 17 décembre 2005) — Francis Wolff
L’éthique du torero obéit aux normes classiques du stoïcisme : éthique de l’être, de l’individu d’exception, de l’identification à son office, de la mise en scène de son propre détachement. Comme toute morale stoïcienne, elle est traversée d’un paradoxe : c’est une éthique de la représentation, qui doit toujours se mettre à l’épreuve du réel qu’elle nie. Il en va de même de l’esthétique du toreo. Obéissant aux canons les plus constants de l’esthétique du « beau » (principe du maximin, de l’harmonie, de l’unité dans la diversité, de la production d’une forme dans une matière brute), la corrida s’apparente aux arts classiques de la représentation. Mais ces normes esthétiques sont elles aussi en permanence menacées par l’intrusion du réel. C’est de la tension permanente entre ce pôle de la représentation et ce pôle du réel (la mort) que naît l’émotion proprement taurine et la singularité de la corrida.
Francis Wolff, professeur à l’École normale supérieure où il dirige le Département de philosophie. Derniers ouvrages parus : L’être, le monde, le disciple, P.U.F, 2000, et Dire le monde, P.U.F. « Quadrige », 2004. Dernières études sur la corrida : « L’alchimie singulière du plaisir taurin », Clarin Taurino, Bilbao 2005, et « Le statut éthique de l’animal dans la corrida », Cahiers philosophiques 101, Paris, 2005.

Voir ce qu’on n’a pas vu : les paradoxes de la corrida (le 17 décembre 2005) — Christian Delacampagne
La corrida est un objet complexe qui obéit à des règles précises. Cela dit, même lorsqu’on a appris les règles, on n’a pas encore commencé à comprendre de quoi il s’agit, car la question fondamentale est de savoir ce qu’il faut regarder. Or cette simple phrase ouvre une infinité de paradoxes : comment définir, en effet, ce qu’il faut regarder, puisqu’il n’existe pas deux corridas identiques l’une à l’autre ni, dans une même corrida, deux spectateurs qui aient vu la même chose ? Ce sont ces paradoxes qu’on tentera de formuler.
Christian Delacampagne, philosophe et écrivain, est professeur à Johns Hopkins University, à Baltimore (Etats-Unis). Il est l’auteur d’une trentaine d’essais sur des questions d’esthétique, d’histoire culturelle et de philosophie politique, parmi lesquels, récemment, Une Histoire de l’esclavage, des origines à nos jours (Le Livre de Poche, 2002), Islam et Occident, Les raisons d’un conflit, P.U.F., 2003, et, avec Ariane Delacampagne, Animaux étranges et fabuleux - Un bestiaire fantastique dans l’art, Editions Citadelles & Mazenod, 2003.

La corrida comme art sans œuvre (le 17 décembre 2005) — Frédéric Pouillaude
La corrida appartient à ces arts que l’on dit sans œuvre. De là, une certaine oscillation quant à son statut, qui hésite – toujours selon le régime de la dépense – entre la ritualité la plus cérémonielle et le divertissement le plus populaire. Un événement à partir duquel aucun produit ne se dégage relève soit de la messe soit de la fête. Mais pas vraiment de l’art. Ou alors d’un art mineur, comme la danse ou le cirque. Il faut pourtant nuancer cette idée d’événementialité brute, d’impermanence, à quoi s’adosse la minorité de la corrida. L’événement tauromachique – telle course de telle après-midi du mois de juillet – est toujours rituellement encadré, et telle faena de tel maestro est toujours inscrite au sein d’un ensemble de savoirs techniques – transmis et renouvelés de génération en génération – qui assurent, par delà la nécessaire événementialité de la course, la pérennité et l’historicité du spectacle taurin. C’est cet encadrement rituel et cette historicité bien particulière (essentiellement orale) de la corrida que nous souhaiterions étudier.
Frédéric Pouillaude, assistant au département danse de l’Université Paris-VIII, il achève une thèse de philosophie consacrée au spectacle chorégraphique. Il est l’auteur de plusieurs articles, dont « D’une graphie qui ne dit : les ambiguïtés de la notation chorégraphique », Poétique, n°137, et « Scène et contemporanéité », Rue Descartes, n°44.

Les valeurs éthiques et esthétiques de la corrida : hier, aujourd’hui, demain (le 16 décembre 2005) — Bartolomé Bennassar, Florence Delay et Araceli Guillaume-Alonso
Table ronde animée par Bartolomé Bennassar, professeur émérite à l’université de Toulouse II, historien de l’Espagne moderne et contemporaine, auteur d’une quarantaine d’ouvrages sur l’Espagne et la culture espagnole, mais aussi la Colombie et le Brésil, parmi lesquels L’Inquisition espagnole (Hachette, 1979) ; Histoire des Espagnols, VIe-XXe siècle (Colin, 1985) ; L’Homme espagnol : Attitudes et mentalités du XVIe au XIXe siècle (Complexe, 1992) ; Histoire de la tauromachie, une société du spectacle (Desjonquères, 1993); Franco (Perrin 2002) ; La guerre d’Espagne et ses lendemains (2004).

Immobile à grands pas (le 16 décembre 2005) — Georges Didi-Huberman
Regarder aujourd’hui le danseur Israel Galván en se souvenant de Juan Belmonte. Se demander quel genre d’intensité surgit de l’arrêt répété, du geste explosant-fixe. Se demander ce qu’est un dynamisme immobile ou une immobilité virtuose. Relire Bergamín sur Don Tancrède. Aller au-delà de l’opposition entre homme-statue et torero-danseur, cinéma-tragédie et cinéma burlesque. Faire l’hypothèse que Belmonte fut le torero de l’âge cinématographique. Regarder encore Israel Galván danser ses immobilités, faire des arrêts une figure, bref, rematar.
Georges Didi-Huberman, philosophe et historien de l’art, enseigne à l’École des Hautes Études en Sciences Sociales (Paris). Il a publié une trentaine d’ouvrages sur l’histoire et la théorie des images. Parmi les derniers parus : L’Image survivante. Histoire de l’art et temps des fantômes selon Aby Warburg (Minuit, 2002), Ninfa Moderna. Essai sur le drapé tombé (Gallimard, 2002), Images malgré tout (Minuit, 2003), Mouvements de l’air. Étienne-Jules Marey, photographe des fluides (Gallimard, 2004), Gestes d’air et de pierre. Corps, parole, souffle, image (Minuit, 2005).

La cérémonie de la mort (le 16 décembre 2005) — Pedro Cordoba
Il existe en Espagne de nombreux rites sacrificiels dont la victime est un taureau sauvage. Mais la corrida moderne s’est constituée, à partir du Siècle des Lumières, en se dégageant de cet ensemble. On défend la thèse qu’il ne faut pas y voir un rite mais une cérémonie. Au-delà de cette réflexion sur la corrida, il s’agit donc aussi de définir, avec quelque précision, le concept de « cérémonie »: au lieu d’appliquer à la tauromachie le savoir ethnologique déjà constitué, on demandera au combat de l’homme et du taureau de contribuer à son enrichissement. Écarter la conception ritualiste de la corrida implique aussi de lui dénier tout sens « tragique » en distinguant la sublimation (des pulsions) et la catharsis (des passions). C’est peut-être cette « exemption du sens » (Barthes) qui, plus encore que le spectacle de la mort, rend la corrida incompatible avec une modernité désespérément en « quête de sens » .
Pedro Cordoba, maître de conférence à l’université Paris-IV Sorbonne, étudie les rites et cérémonies de l’Andalousie. Articles (2005): « Tristana ou la pulsion de la liberté », Critique n° 692-693; « Hérésie et allégorie dans l’auto sacramental », Critique, n°699-700.

Les travaux qui avaient lieu dans le couloir proche de la salle du colloque perturbent la qualité de l’enregistrement sonore des cinq premières minutes de la conférence.

Se mesurer à l’animal (le 16 décembre 2005) — Víctor Gómez Pin
Un problème philosophique et scientifique de tout premier ordre se trouve au coeur des débats éthiques concernant la tauromachie : peut-on parler d’ un trait différentiel qui singularise verticalement les êtres humains par rapport aux autres animaux, ou l’homme n’est-il qu’une espèce animale parmi d’autres, en principe exhaustivement déterminable par la connaissance scientifique ? Tout en mettant en avant les raisons pour soutenir la première hypothèse, on essaiera de montrer que la seule attitude ignoble vis-à-vis des animaux consiste à les utiliser de façon gratuite,ce qui est aux antipodes de la disposition qui anime aussi bien le torero que le spectateur.
Victor Gómez Pin est professeur à l’Université Autonome de Barcelone où il enseigne la théorie de la connaissance et l’introduction à la Pensée mathématique. Auteur de plus de vingt ouvrages, il a obtenu en 1989 le Prix Anagrama de l’essai. Son dernier livre, à l’intersection de la Génétique, de la Linguistique et de la Philosophie, est paru sous le titre El hombre, un animal singular (Madrid 2005).

L’humanisme de la corrida (le 16 décembre 2005) — Alain Renaut
Contre les diverses interprétations réductionnistes (sociologiques, psychanalytiques ), une lecture humaniste de la corrida est attentive à ce par quoi elle relève de cela même qui définit l’humanisme, c’est-à-dire la désignation de la culture comme la tâche propre de l’homme. Soumission de la nature brute au libre arbitre humain, victoire de la liberté sur la nature, la corrida suscite, en raison même de son sens, une émotion de nature esthétique, moins parce que son but serait de produire de la beauté, mais parce que la création artistique a quelque chose à voir avec la soumission d’une matière aveugle à une volonté qui lui donne forme.
Alain Renaut (1948) est professeur de philosophie politique et éthique à l’Université de Paris IV-Sorbonne. Il est l’auteur d’une trentaine d’ouvrages, dont le dernier paru s’intitule Qu’est-ce qu’un peuple libre ? (Grasset, 2005). L’un des fils conducteurs de sa réflexion consiste à s’interroger sur la transition des sociétés et cultures traditionnelles aux sociétés et cultures modernes. Dans ce cadre prend place son essai publié en 1992 dans La Règle du jeu, sous le titre : « L’esprit de la corrida ».

Suspension et fondation rituelles de l’éthique dans la corrida (le 16 décembre 2005) — Vincent Delecroix
Suffit-il de constater la pratique codifiée et réitérée d’un ensemble complexe d’opérations dans la corrida pour l’assimiler à un rituel ? Quel sens, alors, ce rituel, s’il en est un, peut-il revêtir ? Doit-il être assimilé à un rituel de passage ? Rituel non religieux, on l’envisagera ici dans la perspective d’une fondation de l’éthique, mais d’une fondation paradoxale. Paradoxale d’abord parce qu’il opère par une suspension première de l’éthique ; paradoxale ensuite parce qu’il se pourrait qu’il fonde une éthique de la singularité ; paradoxale enfin parce que l’esthétique est l’opérateur principal de cette suspension et de cette fondation. Quelle est alors la nature de cette éthique ? Qu’est-ce qu’une éthique fondée sur un style ? Comment cette éthique est-elle sanctionnée ?
Vincent Delecroix, maître de conférences à l’Ecole Pratique des Hautes Etudes, y enseigne la Philosophie moderne et contemporaine de la religion. Après avoir travaillé sur la philosophie kierkegaardienne, il se consacre désormais à la question de la vérité dans le discours religieux à partir de la philosophie contemporaine.

Ethique esthétique de la corrida (le 16 décembre 2005) — Jean-Loup Bourget et Francis Wolff
Introduction du colloque par Francis Wolff et Jean-Loup Bourget.

Organisateurs
Jean-Loup Bourget (ENS)

professeur à l’École normale supérieure et critique à la revue Positif.
directeur du Département histoire et théorie des arts

Francis Wolff (ENS)

Professeur de philosophie à l’École normale supérieure
(anciennement : à l’université Paris-X-Nanterre, à l’université de Reims, à l’université de São-Paulo, Brésil).
Directeur du département de philosophie l’Ecole normale supérieure.
Spécialités : philosophie ancienne, philosophie générale.

Ecrit par : Luis | mardi, 08 août 2006

J’ai honte pour vous ... mais tellement honte !
Tellement honte que vous puissiez aimer et prendre du plaisir devant un tel spectacle !
Tellement honte que vos yeux puissent se régaler de voir couler du Sang, qu’ils puissent se régaler de voir des hommes torturer, massacrer, mutiler un être.
J’ai tellement honte pour vos mains, qui un jour ont trouvées la force d’applaudir une personne venant d’enlever sauvagement la vie, d’applaudir cette personne brandissant glorieusement une paire d’oreille fraîchement découpée.
J’ai honte pour votre conscience qui peut rester insensible devant cette cruauté…

Je ne vous souhaite pas un jour d’avoir mal, mal comme ce taureau qui a souffert, qui a agonisé, qui est mort pour vous !
Qui est mort pour vous distraire une après midi sous un soleil radieux !

Damien berdam2002@yahoo.fr

Ecrit par : Damien | mercredi, 06 septembre 2006

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